Las, le jour se retirait lentement. Rougissant les dunes, incendiant la mer, c'était là ses dernières prouesses, sa flamboyance ultime contre l'hégémonie inéluctable de la nuit. Mais qu'importait aux hommes l'incessante bataille entre ces forces titanesques, si ridicules au regard de l'habitude, de la répétition, qui nous façonne et nous fait perdre jusqu'à l'émerveillement de la nature ?
Sombre poésie, pensées mélancoliques, telles étaient les réflexions que menaient le jeune homme, accoudé à la fenêtre de sa chambre.
Le regard perdu, les yeux dans le vague... Comment croire que ces connections électrochimiques, ces minuscules décharges qui agitent notre cerveau, puissent un instant savourer l'immensité de la nature, de l'univers tout entier ?
Il se prit à songer aux galaxies et aux particules, à tout ce qui était infini, qu'il soit grand ou petit... Comme toujours un vertige l'envahit, saisissant son corps, secouant son esprit.
Comment croire, comment imaginer un monde sans frontière ? Qu'y avait-il au-delà de l'univers ?
Comment comprendre l'écoulement du temps ? Quand fut donc la Genèse, qu'y avait-il avant ? Qu'y aura-t-il après la Fin ?
Comment, lorsqu'on mesure 1m76, peut-on décréter saisir les mécanismes de l'univers et prétendre un jour les contrôler ?
Et comment ne pas croire en une instance supérieure, en une puissance pouvant décider des réponses à ces questions...
Et qu'est-ce donc que la mort ? Pourrions-nous accepter si simplement l'effacement total de notre mémoire, ce pourquoi nous avons vécu ? Comment la voir autrement que comme la négation de la vie en ces conditions, sans faire appel à un monde connu dans l'au-delà ?
Mourir pour un idéal humain, vivre pour des idées humaines, ne plus se préoccuper de notre insignifiance, voilà quelle fut notre réponse à la terrible immensité de notre ignorance.
Qui sait, sans cette capacité à oublier notre place dans l'univers, peut être n'aurions nous pas survécu. Le manque de lucidité, ou plutôt, l'inadéquation physique et psychique de l'homme à ressentir pleinement le monde dans lequel il vit furent sans doute salutaires à l'espèce.
Regardant sa montre, il referma sa fenêtre et se dépêcha de se coucher. L'heure était passée tellement vite ! Il ne fallait pas arriver fatigué pour le contrôle de maths du lendemain...
Sombre poésie, pensées mélancoliques, telles étaient les réflexions que menaient le jeune homme, accoudé à la fenêtre de sa chambre.
Le regard perdu, les yeux dans le vague... Comment croire que ces connections électrochimiques, ces minuscules décharges qui agitent notre cerveau, puissent un instant savourer l'immensité de la nature, de l'univers tout entier ?
Il se prit à songer aux galaxies et aux particules, à tout ce qui était infini, qu'il soit grand ou petit... Comme toujours un vertige l'envahit, saisissant son corps, secouant son esprit.
Comment croire, comment imaginer un monde sans frontière ? Qu'y avait-il au-delà de l'univers ?
Comment comprendre l'écoulement du temps ? Quand fut donc la Genèse, qu'y avait-il avant ? Qu'y aura-t-il après la Fin ?
Comment, lorsqu'on mesure 1m76, peut-on décréter saisir les mécanismes de l'univers et prétendre un jour les contrôler ?
Et comment ne pas croire en une instance supérieure, en une puissance pouvant décider des réponses à ces questions...
Et qu'est-ce donc que la mort ? Pourrions-nous accepter si simplement l'effacement total de notre mémoire, ce pourquoi nous avons vécu ? Comment la voir autrement que comme la négation de la vie en ces conditions, sans faire appel à un monde connu dans l'au-delà ?
Mourir pour un idéal humain, vivre pour des idées humaines, ne plus se préoccuper de notre insignifiance, voilà quelle fut notre réponse à la terrible immensité de notre ignorance.
Qui sait, sans cette capacité à oublier notre place dans l'univers, peut être n'aurions nous pas survécu. Le manque de lucidité, ou plutôt, l'inadéquation physique et psychique de l'homme à ressentir pleinement le monde dans lequel il vit furent sans doute salutaires à l'espèce.
Regardant sa montre, il referma sa fenêtre et se dépêcha de se coucher. L'heure était passée tellement vite ! Il ne fallait pas arriver fatigué pour le contrôle de maths du lendemain...


